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Campagne des frais de scolarité (11)
Pourquoi une grève?
Depuis l'annonce de la hausse des frais de scolarité du dernier budget Bachand, la FAÉCUM a multiplié les actions en opposition à la hausse des frais de scolarité : actions surprises sur le campus et à l'extérieur du campus, manifestations, rassemblements, actions symboliques, sans oublier la grande manifestation nationale du 10 novembre, où près de 30 000 étudiants ont marché dans les rues de Montréal. Par ces actions, les étudiants ont forcé Jean Charest à répondre de ses actes et à tenter de justifier sa hausse devant les Québécois. Néanmoins, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, reste de marbre et le gouvernement libéral campe sur ses positions. Nous sommes ainsi encore loin d'avoir gagné le combat. Pour y parvenir, il faudra constamment augmenter la contrainte en intensifiant nos moyens de pression.
Or, la grève est certainement le moyen de pression le plus puissant qui peut être utilisé par les étudiants. Elle a mené à de nombreuses victoires du mouvement étudiant, qu'il s'agisse par exemple de 1996, où les moyens de pression des étudiants ont mené à un gel des frais de scolarité de 11 ans, ou encore de 2005, alors que la grève a contribué à faire reculer le gouvernement sur sa décision de couper dans le programme des prêts et bourses à hauteur de 103 millions.
Qu'est-ce qu'une grève?
Une grève est une action collective de pression visant à appuyer des revendications, qui peut être utilisée par les étudiants et qui consiste généralement en l'arrêt de participation aux activités d'enseignement pour une durée déterminée ou indéterminée. Lorsqu'une grève est votée, les étudiants concernés ne devraient plus se présenter à leurs cours. Traditionnellement, des lignes de piquetage sont tenues devant les salles de cours afin de permettre l'application de la grève et donc la levée du cours. Ainsi, il ne s'agit pas uniquement de se présenter dans vos assemblées générales, mais il faut aussi participer au mouvement et s'impliquer dans la grève ! Suite à la grève, des mesures de reprise seront déterminées par les instances compétentes de l'Université.
Comment est décidée la tenue d'une grève ?
Une grève peut prendre différentes formes. C'est toutefois le rôle de votre assemblée générale de déterminer si vous allez ou non prendre part à une grève, et selon quelles modalités. Pour que votre opinion soit entendue, vous devez toutefois absolument participer à cette instance décisionnelle ! Pour avoir plus d'information sur les associations étudiantes ayant voté la tenue d'une grève et celles ayant planifié des assemblées générales consultatives, consultez l'article suivant : http://www.faecum.qc.ca/component/k2/item/185-mandatsdegrevehiver12.
Qu'en est-il du droit de grève?
Contrairement aux travailleurs syndiqués, le droit de grève des étudiants résulte d'un vote démocratique tenu en assemblée générale. Ainsi, alors que le droit de grève des travailleurs syndiqués découle de la loi, celui des étudiants résulte d'un vote. Cette situation a certaines implications dont la principale est que l'administration universitaire n'a aucune obligation de respecter le vote de grève et d'interrompre ses activités d'enseignement.
Lorsqu'une grève est votée, il est donc indispensable de ne pas vous présenter à vos cours. Dans certains cas, des lignes de piquetage peuvent également être tenues devant les locaux de cours afin d'encourager les étudiants à ne pas entrer et d'ainsi faire appliquer la grève. Il ne faut pas oublier qu'il est de votre responsabilité de faire appliquer la grève.
Comment s'impliquer dans le mouvement ?
Tout d'abord, contactez votre association étudiante locale. Il est fort probable qu'elle ait besoin d'aide afin de tenir des lignes de piquetage devant les cours touchés par la grève. De plus, votre association étudiante pourra vous tenir au courant des actions prévues pour les prochains jours, voire les prochaines semaines, que ce soit par votre association étudiante, la FAÉCUM ou au niveau national. Pour assurer le succès de la grève, il est nécessaire que le plus grand nombre de personnes possible participent au mouvement ! Une journée de grève n'est définitivement pas une journée de congé.
Comment se détermine l'arrêt d'une grève ?
En tout temps, vous garderez le contrôle sur la grève. Suite à votre assemblée générale de déclenchement de grève, vous devrez déterminer à quelle fréquence vous voulez faire des assemblées générales de reconduction de grève. Entre temps, les associations étudiantes peuvent mettre en place diverses structures pour impliquer les étudiants dans la grève, par exemple des conseils de grève ou différents comités créés spécialement pour la grève. L'arrêt de la grève sera déterminé lors d'une assemblée générale, vous serez donc consultés.
Y a-t-il des chances que je perde ma session si jamais une grève est déclenchée ?
Historiquement, il n'est jamais arrivé qu'une session soit annulée à l'université en raison d'une grève. Il est tout à fait possible toutefois que la session soit prolongée.
Est-ce que les stages sont annulés s'il y a une grève sur le campus ?
Non. Les stages sont généralement exclus des grèves étudiantes. Toutefois, les associations étudiantes doivent s'assurer d'avoir un protocole d'entente avec l'administration de votre unité. Pour plus d'information, contactez votre association étudiante locale !
Qu'adviendra-t-il des cours suite à la grève ?
Il est très probable que si la grève se prolonge, les cours devront être repris et la session, prolongée. L'Université risque de présenter aux unités des lignes directrices par rapport à la reprise, mais les modalités de reprise devront être déterminées au cas par cas, selon les unités et selon la durée de la grève.
Dois-je remettre mes travaux pendant la grève ?
Cela dépend. Afin de connaître les modalités de la grève, nous vous invitons à contacter votre association étudiante locale. En effet, les modalités varient selon les unités, voire selon les professeurs. Il est donc possible qu'un professeur refuse de recevoir toute copie d'un travail, alors que d'autres demanderont aux étudiants de les envoyer par voie électronique, par exemple.
Qu'adviendra-t-il de nos examens ?
Normalement, vos examens ne devraient pas avoir lieu. Toutefois, il s'agit de la responsabilité de votre association étudiante de faire respecter la grève, en informant les étudiants et en les invitant à ne pas se présenter à leurs évaluations. Ainsi, si le professeur constate que les conditions nécessaires à la tenue de l'examen ne sont pas réunies, par exemple si la salle de cours est vide, votre examen n'aura pas lieu. Par la suite, lors du retour en classe, les étudiants devront déterminer avec le professeur si l'examen sera reporté ou annulé.
Je suis un étudiant dans un programme bidisciplinaire ou multidisciplinaire. Comment se déroule la grève ?
Dans le cas des cours d'intégration propres à votre programme, votre association étudiante doit voter la grève. Toutefois, dans le cas des cours des différentes disciplines de votre programme, vous devez vous référer aux associations étudiantes concernées. Si vous voulez faire entendre votre voix, vous pouvez vous présenter dans les assemblées générales de ces associations étudiantes et demander d'obtenir le droit de parole. Notez néanmoins que vous n'aurez pas le droit de vote.
Je suis un étudiant international, et mon visa se termine à la fin avril. Que dois-je faire si la session est prolongée ?
Par le passé, des arrangements avaient été possibles pour les étudiants internationaux. Nous ne pouvons toutefois pas prévoir la suite des événements. Le Bureau des étudiants internationaux pourra vous fournir de l'information ainsi que des outils pour vous aider dans vos démarches de renouvellement d'autorisations de séjour. Dès que nous aurons plus d'information, nous mettrons ce site web à jour.
Quels ont été les impacts des précédentes grèves ?
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Trimestre |
Événement |
Durée |
Impacts sur le calendrier |
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Hiver 2005 |
Grève étudiante des 103 millions |
Entre le 21 février au 5 avril (au plus) |
Prolongation de la session jusqu’au 30 avril. Dans certaines unités de la Faculté des Arts et des Sciences (FAS), jusqu’au 5 mai. Déplacement de la date limite d’abandon avec frais au 13 avril pour la FAS. Ententes avec les associations locales et leur unité pour les modalités de reprise étant donné que la grève n’a pas été uniforme |
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Automne 2005 |
Grève du Syndicat général des professeurs de l’Université de Montréal (SGPUM) |
12 jours de cours |
Prolongation de la session d’une journée. Date limite d’abandon avec frais déplacée au 9 décembre pour les cours touchés. Les étudiants ont été consultés dans les classes pour ce qui concerne les modifications aux plans de cours (approbation des départements ou facultés). Report du début de la session d‘hiver pour la FAS |
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Hiver 2010 |
Grève du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université de Montréal (SCCCUM) |
24 février au 12 avril |
Prolongation jusqu’au 9 mai. Report du début de la session d’été pour la FAS. Date limite d’abandon sans frais reporté au 21 avril. Étudiants consultés dans les cours sur les modifications aux plans de cours (approbation du département ou de la faculté) |
Autres effets d'une hausse des frais de scolarité
Écrit par Maude LarenteDans le reste du Canada : plus de dettes, moins d'étudiants, pas plus de qualité...
Pour tenter de camoufler ces coupures colossales, et afin de résoudre le sous-financement de leurs institutions d'enseignement universitaire, beaucoup de provinces canadiennes ont augmenté, de manière draconienne, les frais de scolarité. Cependant, ce n'est que poudre aux yeux, car les hausses des frais de scolarité dans le reste du Canada n'ont pas permis de compenser les coupures fédérales.
« De 1960 aux années 1980, le financement public a pris plus d'importance, accompagné d'une baisse correspondante des frais de scolarité comme source de revenus (de 25 % de toutes les dépenses d'exploitation en 1960, ils ont plongé à 13 % en 1980 malgré une forte hausse des inscriptions pendant cette période). Par contre, la part des recettes provenant des principales subventions d'exploitation accordées par le gouvernement est passée d'environ 57 % en 1961 à près de 84 % en 1980.
Depuis quelques années, on constate cependant la tendance contraire, les frais de scolarité prenant nettement plus de place par rapport au financement public. À partir du début des années 1990, leur proportion (17 %) dans le budget d'exploitation total a doublé, passant à plus de 34 % en 2003. En d'autres termes, les étudiants d'université paient aujourd'hui une proportion de leurs études beaucoup plus grande qu'à n'importe quel autre moment depuis 40 ans.
Pendant la même période, alors que la proportion de ces frais montait en flèche, les subventions gouvernementales passaient de 80 % (en 1976) à un peu plus de 58 % (en 2004), ce qui équivaut à peu près au même pourcentage des fonds publics que celui enregistré au début des années 1960, une période sans importance qui a précédé la grande expansion de l'enseignement universitaire au Canada. »
Source : Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACCPU) (2005). Dossiers en éducation, « Payer le prix : Pourquoi abaisser les frais de scolarité ? », vol. 7, no. 1 (février). Page consultée le jeudi 26 juillet 2007.
Au Québec, dans les années 1990, le désengagement de l'État
Au Québec, le gouvernement libéral de Bourassa dégelait les frais de scolarité sur la période allant de 1989-1990 à 1994-1995. Les frais de scolarité passaient alors de 514 $ à 1668 $ par année universitaire, une augmentation de 190 % - sans compter les frais afférents qui croissaient eux aussi ! De l'argent recueilli à même la poche des étudiants, 25 % est octroyé à l'ajustement des prêts et bourses, car qui dit augmentation des frais de scolarité dit inévitablement endettement accru des étudiants. Selon les données du MELS (2003), le gouvernement provincial réduisait quant à lui sa contribution au financement des universités de plus de 7 % (9319 $ à 8650 $ par équivalent d'étudiant à temps plein, ou EETP), à la manière des autres provinces canadiennes. C'est qu'à l'époque, le gouvernement ne garantissait pas de réinvestir les sommes issues de l'augmentation des frais de scolarité dans le réseau universitaire.
En d'autres termes, les provinces ont profité de l'augmentation des frais de scolarité pour se désengager du financement de l'éducation. La problématique du sous-financement est donc en partie causée par les hausses des frais de scolarité, puisque toutes les sommes ne sont pas retournées à l'État, plutôt que l'inverse.
La proportion de la contribution étudiante au financement des universités
Selon l'évaluation du Ministère de l'Éducation, au sujet de l'année 2003-2004, les universités ont tiré 9,7 % de leurs revenus des frais de scolarité, ce qui représente environ 407,5 M$ sur un total de revenus de 4,2 G$. En incluant toutes les formes de contribution des étudiants au financement des universités, leur part correspond à 13,1 % de l'ensemble des revenus des universités, soit 550,2 M$. Les autres sources de financement consistent en une subvention de 2,2 G$ (52,5 %) provenant du gouvernement du Québec, 563,5 M$ (13,4 %) provenant du gouvernement fédéral et 812,6 M$ (19,3 %) en revenus autonomes issus d'investissements provenant de sociétés privées, de dons ou tout revenu qui ne dépend pas des étudiants ou d'un gouvernement. Dans cette optique, les étudiants paient en frais de scolarité l'équivalent de 18,5 % de la subvention du gouvernement du Québec. Cependant, lorsque l'on prend en compte toutes les formes de contribution des étudiants au financement des universités, ce ratio passe à 24,9 %. (On entend ici par toutes formes de contribution les catégories suivantes : droits de scolarité, droits d'admission, d'inscription et autres; cotisations des étudiants et des étudiantes; ventes aux étudiants. Voir MELS, Statistiques de l'éducation, Enseignement primaire, secondaire, collégial et universitaire, 2005, p. 259.)
Dans l'ensemble du Canada, en 2001-2002, c'est 24,9 % des revenus des universités qui sont tirés des frais de scolarité, cette proportion passe à 29,6 % lorsque l'on prend en compte tous les frais obligatoires imposés par les universités. Nous sommes donc déjà très près de la tristement célèbre moyenne canadienne...
Cela dit, que retenir de tous ces chiffres ?
En somme, que jamais les étudiants québécois et canadiens n'ont bénéficié, comme on leur avait fait miroiter, des hausses des frais de scolarité. Ces chiffres prouvent que les hausses vertigineuses de frais de scolarité n'ont servi en grande partie qu'à financer des compressions budgétaires orchestrées par les gouvernements (provinciaux). Il est donc faux, au regard de l'expérience des dernières années, de prétendre que l'augmentation des frais de scolarité est garante, comme par magie, d'un système universitaire de qualité et concurrentiel.
Du côté des petites universités canadiennes, qui ont pourtant elles aussi bénéficié de substantielles hausses de frais de scolarité, le portrait est encore plus sombre puisqu'elles connurent de 1986-1987 à 2000-2001 une réduction du total des recettes de fonctionnement d'environ 2 %.
À cet égard, il est permis de douter que les étudiants canadiens pris dans leur ensemble aient, au moyen de leurs frais de scolarité plus élevés, permis aux établissements universitaires de procéder à un changement de cap marqué en matière de qualité de la formation universitaire. C'est en gros la conclusion à laquelle arrivent deux chercheurs du Canadian Centre for Policy Alternatives (Doherty-Delorme, Shaker : 2002), qui critiquent entre autres à quel point les universités canadiennes négligent depuis quelques années un des aspects fondamentaux de la formation universitaire, à savoir la présence de professeurs réguliers destinés aux étudiants des premiers cycles.
Source : FEUQ (2006). L'enjeu des frais de scolarité au Québec, Montréal (novembre), pp. 19-20.
Les dommages collatéraux : encore et toujours vos conditions de vie !
Ce que l'analyse détaillée de « la promesse libérale » nous apprend est très décevant - voire frustrant. Non seulement l'augmentation des frais de scolarité est une goutte d'eau dans la mer du sous-financement chronique, mais elle n'est pas assortie d'une garantie de réinvestissement ni d'aucun engagement d'investissement d'autres fonds publics. Par ailleurs, ce plan de dégel des frais de scolarité n'appréhende pas les besoins futurs des étudiants qui, eux, craignent les lendemains difficiles.
Endettement accru et revenu disponible réduit
En effet, la ministre Courchesne reconnaît le sous-financement de l'AFE de 71 millions $ par année, mais refuse d'évaluer des pistes de solution possibles. Qui plus est, l'aide financière octroyée aux étudiants ne sera pas indexée au coût de la vie dans les années à venir. Considérant les 280 millions pigés dans leurs poches par le dégel des frais de scolarité, cela dépasse l'entendement.
L'augmentation des frais de scolarité grugera à terme 500 $ par année au revenu disponible des étudiants de demain et augmentera leur endettement d'autant. Sur une aide annuelle de moins de 3000 $ en moyenne, c'est énorme! Comme ces sommes ne seront clairement pas suffisantes à pallier le sous-financement des universités, elles devraient au moins être utilisées pour assurer un niveau de vie décent et adéquat aux étudiants!
Les étudiants sont plus pauvres qu'avant
Qui plus est, la capacité de payer des étudiants est déjà limitée. Le revenu moyen des étudiants a diminué de 6 % depuis 1994, s'établissant aujourd'hui sous le seuil de la pauvreté... à quelque 11 500 $ pour les hommes et 10 800 $ pour les femmes (MEQ, 2003 et FEUQ, 2006).
Toutefois, la réalité est que les étudiants sont souvent encore moins riches que les données ne le laissent croire, car « 64,9 % des étudiants bénéficiaires de l'Aide financière ne reçoivent aucune contribution parentale - et la proportion est de 36,8 % pour les étudiants non-bénéficiaires » (FEUQ, 2006). Ces étudiants seront encore plus pénalisés par cette autre faiblesse non parée du programme d'aide financière aux études qui attribue aux parents une capacité de payer virtuelle uniquement en fonction de leur revenu.
La classe moyenne aussi
Ainsi, en affirmant que cette mesure aide les familles de la classe moyenne, le gouvernement de Jean Charest ment de manière éhontée à la population.
Les familles de la classe moyenne, qui voient déjà fondre leurs revenus en imposition, taxes et augmentations de tarifs divers, verront leur budget grandement amputé si leurs enfants décident d'aller à l'université. L'effet sera encore plus dévastateur à long terme, pour les générations futures. Une famille avec trois enfants de 10 ans, 13 ans et 15 ans, devra débourser 5 000 $ de plus qu'aujourd'hui pour permettre à ses enfants d'aller à l'université. Rappelons que pour cette famille, il sera très difficile de bénéficier du régime de prêts et bourses. La hausse représentera donc à terme une augmentation de 30 % et environ 6 % par année. Cette hausse se révèle supérieure à l'augmentation du coût de la vie.
Rappelons au passage que la contribution parentale est souvent bien plus virtuelle que réelle... surtout pour les étudiants issus de familles de classe moyenne.
Il faut travailler plus ou abandonner les études
Conjugués, ces faits ont des conséquences très réelles pour les étudiants. D'abord, ils devront travailler davantage pour payer leurs études. Les étudiants travaillent en moyenne plus de 20 heures par semaine, ce qui est dangereux pour la réussite scolaire. En se fiant aux données recueillies par l'ACCPU en 2003, il fallait en 1990 environ 137 heures de travail au salaire industriel moyen pour couvrir les droits de scolarité d'une année en arts au premier cycle. En 2003, ce chiffre a fait un bond de plus de 221 heures, soit plus de 61 %. Toutes choses étant égales par ailleurs, il est juste d'affirmer qu'une situation semblable se produira au Québec, ce qui n'est évidemment pas souhaitable.
Ensuite, l'augmentation des frais de scolarité décourage beaucoup d'étudiants provenant de familles à revenu faible ou moyen d'entreprendre ou de poursuivre des études universitaires. Au Québec, 22,3 % des étudiants bénéficiaires de l'AFE et 19,1 % de non-bénéficiaires de l'AFE attribuent l'abandon de leurs études supérieures au manque de ressources financières.
Ces conclusions sont semblables à celles d'une étude américaine sur le rapport entre la persévérance et les hausses de frais de scolarité. Dans l'une des plus vastes études longitudinales de ce genre, Michael Paulsen et Edward St. John ont constaté qu'à la suite de « chaque hausse de 1000 $ des frais de scolarité, les étudiants à faible revenu sont 19 % moins susceptibles de terminer un programme d'études ».
Source de l'étude américaine : Michael B. PAULSEN et Edward ST. JOHN (2002), « Social Class and College Costs: Examining the Financial Nexus Between College Choice and Persistence », dans The Journal of Higher Education, vol. 73, no. 2 (mars-avril), pp. 189-236.
De plus, il faut considérer que chaque « hausse de 1000 $ (en dollars de 1991) des droits de scolarité des établissements offrant des programmes de quatre ans entraînait une baisse de 1,4 % de l'inscription ».
Recherche effectuée par Watson Scott SWAIL et Donald E. HELLER (1995) du Educational Policy Institute pour le compte de la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire. Changements dans la politique relative aux droits de scolarité : Expériences naturelles effectuées dans cinq pays (août).
En conclusion, nous reprenons les mots sages de l'ACCPU (2006).
« Si de toute évidence les études postsecondaires constituent le moyen le plus rapide de se sortir de la pauvreté, les recherches démontrent de plus en plus que les membres des communautés marginalisées sur le plan économique et racial sont les plus susceptibles d'être découragés par le coût exorbitant des études postsecondaires et d'être peu motivés à l'idée d'accumuler une dette de 25 000 $. »
Dans le contexte actuel du vieillissement de la population et du besoin immense de main-d'oeuvre qualifiée pour remplacer les départs à la retraite, le Québec n'a pas les moyens de perdre des étudiants brillants, futurs travailleurs spécialisés, à cause de la crainte de l'endettement ou de l'incapacité à payer.
Lors du dépôt du budget Bachand 2010, le gouvernement provincial a annoncé une hausse supplémentaire des frais de scolarité pour 2012, sans toutefois donner les modalités de cette augmentation. Une chose était cependant très claire : aux dires des dirigeants, les étudiants devraient contribuer davantage. Depuis cette annonce, le mouvement étudiant s'est donc mobilisé afin de renverser la décision du gouvernement Charest. Ainsi, les actions se succèdent depuis 2010. Vous trouverez ici l'historique de la mobilisation étudiante et des actions ayant eu lieu pour dénoncer la nouvelle hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest.
7 novembre 2010 : Rencontre des partenaires en éducation
L'accès à l'éducation a toujours été au coeur des préoccupations des Québécois. C'est dans cette optique que le gouvernement implanta le réseau des Universités du Québec et instaura des frais de scolarité uniques le plus bas possible. Or, depuis quelques années force est de constater que cette préoccupation d'accessibilité a cédé le pas à la nécessité d'augmenter la contribution étudiante et d'accorder plus d'autonomie aux universités, qui voient là une porte de sortie à leur difficulté financière actuelle. Le récent budget du Québec s'inscrit dans cette tendance et c'est dans la même foulée que fut annoncée la Rencontre des partenaires de l'éducation. Cette rencontre est demandée depuis longtemps par les différents acteurs du milieu de l'éducation qui demandent à s'exprimer sur l'avenir du réseau de l'éducation du Québec. Or, le peu d'information disponible au sujet de cette rencontre et les précédentes consultations en la matière laissent à croire que les conclusions, s'il y en a, seront écrites à l'avance ne seront pas nécessairement celles que cautionnent les véritables acteurs du milieu. En plus, le gouvernement ne cache pas sa ferme intention de hausser massivement les frais de scolarité en faisant fi des atteintes graves à l'accessibilité que pourrait avoir une telle mesure.
C'est face à ce constat que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont mis sur pied le Rendez-vous de l'éducation. Cet événement citoyen se veut une pré-Rencontre des partenaires qui permettra aux différents acteurs du milieu de l'éducation de discuter des véritables orientations que devraient prendre l'éducation québécoise et de dégager des consensus qui pourront êtres apportés par la suite à la Rencontre des partenaires de la ministre Beauchamp.
6 décembre 2010 : Manifestation nationale pour que cesse la hausse des frais de scolarité
La Ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp a annoncé dernièrement la tenue de la deuxième Rencontre des partenaires en éducation, celle-ci concernant spécifiquement l'avenir des universités québécoises. La ministre a elle-même dit que cette rencontre servirait à déterminer les modalités de la future hausse des frais de scolarité en 2012. Il est du devoir des étudiants du Québec de se mobiliser massivement afin de démontrer qu'il n'est pas question de laisser passer cette seconde hausse des frais de scolarité, et qu'il n'y a aucun consensus autour de cette question dans la société québécoise.
Les questions soumises aux participants (les plus aberrantes les unes que les autres) sont les suivantes:
Thème 1 : Financement de la formation universitaire
1. Comment pouvons-nous diversifier et consolider les sources de financement des universités sans hausser les impôts?
2. Quels principes devraient guider la hausse des droits de scolarité?
Thème 2 : Accessibilité financière aux études
1. Quels éléments du Programme de prêts et bourses devraient être bonifiés afin d'assurer l'accessibilité financière aux études?
Thème 3 : Performance des universités
1. Quels engagements les universités devraient-elles prendre quant à l'utilisation des revenus additionnels?
2. En matière d'imputabilité, quelles formes devrait prendre la reddition de comptes publique à l'égard de ces engagements?
3. Que devrait-on mettre en place pour assurer la coordination des efforts de tous les partenaires afin que les universités québécoises répondent aux standards internationaux?
Nous vous invitons donc en grand nombre à venir manifester avec nous les 6 décembre prochain ! C'est aussi cette journée que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) déposeront à l'Assemblée nationale la pétition Pour que cesse la hausse des frais, pétition qui fut signée par plusieurs milliers d'étudiants et de citoyens de partout au Québec!
Plusieurs associations étudiantes membres de la FAÉCUM étaient alors en levée de cours : Anthropologie premier cycle, anthropologie cycles supérieurs, relations industrielles, urbanisme cycles supérieurs, études cinématographiques, criminologie, philosophie, études anglaises cycles supérieurs, littérature comparée, histoire de l'art, géographie, physique, psychoéducation.
En espérant vous voir en grand nombre !
12 mars 2011 : Manifestation Un budget équitable : une question de choix !
Le 4 mars dernier, nous apprenions que le budget provincial sera déposé le 17 mars prochain. Inévitablement, le budget provincial suivra dans les semaines subséquentes. L'Alliance sociale (un regroupement des grandes centrales syndicales et des Fédérations étudiantes, notamment) et la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics feront entendre leurs voix le 12 mars à la Place du Canada en prévision du dépôt du budget provincial. Des millers de personnes sont attendues lors de cette manifestation, il ne manque plus que vous !
Un budget équitable pour tous
Lors du dépôt du dernier budget provincial, le ministre Bachand annonçait plusieurs mesures inéquitables pour la population du Québec. Pensons notamment à la taxe santé et à la hausse des frais de scolarité. Ces propositions du ministre des Finances toucheront durement la classe moyenne, la laissant encore plus démunie.
Les deux regroupements estiment que d'autres moyens sont possibles afin de redresser les finances du Québec, sans pour autant appauvrir la classe moyenne. D'autres solutions ont été avancées par différents acteurs, par exemple hausser les contributions des entreprises aux universités.
À la hausse des frais de scolarité, les étudiants de l'Université de Montréal disent non !
En 2007, lors d'un référendum, la FAÉCUM demandait à ses étudiants membres s'ils étaient « d'accord avec le dégel des frais de scolarité tel qu'appliqué depuis septembre 2007 ». Les étudiants de l'Université de Montréal ont alors majoritairement répondu être en désaccord avec le dégel des frais de scolarité. Quatre ans plus tard, la FAÉCUM ira manifester son opposition à toute nouvelle hausse de frais de scolarité le 12 mars 2011 à la Place du Canada.
En effet, le ministre Bachand devrait annoncer les modalités de la hausse des frais de scolarité prévue pour 2012, qui avait été avancée lors du dernier budget. Il est impératif pour nous de conserver l'accessibilité aux études universitaires ; tout étudiant ayant le potentiel de suivre des études postsecondaires devrait pouvoir le faire, nonobstant ses conditions financières !
3 avril 2011 : Rassemblement devant le colloque du Parti Libéral du Québec
Le Parti libéral du Québec se rassemblait lors d'un Colloque annuel à Boucherville. La FAÉCUM était présente devant l'Hotel Mortagne de Boucherville pour envoyer un message au gouvernement libéral que nous n'accepterons pas cette nouvelle hausse des droits de scolarité.
Été 2011 : Campement devant le ministère de l'Éducation
MONTRÉAL, le 27 mai 2011 /CNW Telbec/ - La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) établissent aujourd'hui leur campement devant le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) pour protester contre la hausse des frais de scolarité de 1625 $ annoncée par le gouvernement Charest. « Nous ne lâchons pas même si les écoles sont fermées. Le gouvernement veut nous endetter et gâcher la vie de plusieurs familles alors nous allons gâcher ses vacances », explique Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.
Les étudiants se relaieront dans un campement devant le MELS les fins de semaine jusqu'à la fin août. Ils distribueront également des dépliants aux fonctionnaires du ministère expliquant les impacts négatifs d'une hausse des frais de scolarité sur leur avenir et celui de leurs familles. « Les étudiants ont démontré hors de tout doute les impacts négatifs qu'aurait une nouvelle hausse des frais de scolarité sur les étudiants et leurs familles ! Nous serons là tout l'été pour lui rappeler que les jeunes ont droit à une éducation accessible comme celle dont M. Charest et Mme Beauchamp ont eux-mêmes bénéficié », ajoute Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.
Une fois leur campement terminé vers la fin août, la FECQ et la FEUQ tiendront leurs congrès pour planifier la riposte automnale. « Le mouvement de protestation a pris beaucoup d'ampleur cette année et des étudiants viennent déjà nous voir pour savoir ce qui va se passer à l'automne prochain. M. Charest est mieux de profiter de ses vacances, car ça va être toute une année », prévient M. Bureau-Blouin.
79 % des parents et 83 % des étudiants pensent que la hausse des frais de scolarité empêchera des étudiants de fréquenter l'université
La FECQ et la FEUQ, en collaboration avec la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ont aussi dévoilé les résultats d'un sondage effectué par la firme CROP sur la question des frais de scolarité. On y apprend que près de 80 % des parents et des étudiants pensent que la hausse annoncée par le gouvernement Charest réduira l'accès à l'université. « C'est encore la crédibilité du gouvernement Charest qui est entachée. Celui-ci prétend qu'on peut en demander plus aux étudiants et à leur famille et que ça n'aura pas d'impacts, mais le sondage démontre clairement que les familles ne sont pas dupes et qu'on ne peut hausser les frais sans réduire l'accès aux universités », constate Éric Beauchesne, représentant de la CSQ.
Les familles jugent insuffisantes les bonifications apportées aux prêts et bourses par le gouvernement
Le sondage révèle également que les ajustements apportés au programme de prêts et bourses lors du dernier budget sont insuffisants aux yeux des parents et de leurs enfants. En effet, près de 60 % des parents et plus de 73 % des étudiants ont qualifié d'« insuffisante » l'augmentation apportée par Québec. En ce moment, une famille gagnant 30 000 $ doit commencer à contribuer aux études de son enfant, ce seuil passera à 35 000 $ d'ici 2016, tandis qu'il se situe à 45 000 $ dans le reste du Canada. « Les prêts et bourses sont complètement déconnectés du coût de la vie actuelle. Le gouvernement Charest avait promis de véritables bonifications, mais il n'a donné que des miettes aux familles et aux étudiants moins fortunés et les gens s'en sont rendu compte », déplore Mme Desjardins.
Quant à l'endettement étudiant, 61 % des parents et 67 % des étudiants affirment que le gouvernement Charest devrait mettre en place des politiques publiques qui permettent de réduire l'endettement des diplômés québécois qui se situe en ce moment à 14 000 $. « Les familles québécoises sont de plus en plus nombreuses à demander à M. Charest de réduire la dette de leurs enfants, j'espère qu'il commence à comprendre le message », concluent les porte-paroles.
Le sondage CROP a été effectué du 12 au 18 avril 2011 par le biais d'un panel web. Notons que compte tenu du caractère non probabiliste de l'échantillon, le calcul de la marge d'erreur ne s'applique pas.
La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) représentent ensemble plus de 185 000 étudiants au Québec.
La CSQ représente près de 180 000 membres, dont plus de 100 000 font partie du personnel de l'éducation. Elle est l'organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
Source : http://cnwtelbec.com/en/releases/archive/May2011/27/c8145.html
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Les coûts assumés par les étudiants
Le coût des études comprend le montant de la facture étudiante (frais de scolarité et frais afférents) et le coût du matériel pédagogique. Les frais de scolarité sont ce que le gouvernement considère comme la fameuse contribution étudiante au financement des études supérieures puisque ces sommes sont en partie destinées à financer les universités. Bien que le coût du matériel pédagogique et les frais afférents soient parfois gonflés pour renflouer les coffres des universités, le gouvernement n'assimile pas ces dépenses sans cesse croissantes à la contribution étudiante.
Le coût de la vie varie quant à lui selon la situation familiale de l'étudiant puisqu'il inclut les frais reliés au logement, au transport, à l'alimentation, etc. Ainsi, en additionnant le coût des études et le coût de la vie, l'étudiant susceptible de s'inscrire à l'université évaluera si son projet d'études est accessible et réaliste en fonction de sa situation financière présente et projetée.
La plupart de ces coûts sont des dépenses admises au calcul d'attribution de l'aide financière aux études (AFE). Cependant, les frais afférents et la majorité des coûts de transport y sont exclus.
L'aide financière aux études aide trop peu les étudiants
Pour parer à l'inaccessibilité projetée des études universitaires, le gouvernement du Québec a créé le régime d'aide financière aux études. L'AFE offre d'abord des prêts, puis des bourses, aux étudiants dans le besoin financier. Le but du régime est d'aider l'étudiant à assumer le coût de ses études et le coût de la vie inhérent aux études.
Sans entrer dans les modalités techniques que le Bureau de l'Aide financière de l'Université de Montréal peut vous expliquer en détail, il faut savoir que le niveau d'endettement maximal (ou plafond de prêts) pour une année est de 2 440 $ au premier cycle et de 3 240 $ aux deuxième et troisième cycles. Les étudiants dont les besoins financiers reconnus par l'État dépassent ces seuils reçoivent le reste de leur aide financière sous forme de bourse. Cependant, dans la majorité des cas, le revenu des parents et la contribution parentale planifiée dans le calcul d'aide sont trop élevés pour que les étudiants se voient attribuer des bourses.
En effet, le prêt maximal au premier cycle correspondait, jusqu'à tout récemment, au montant exigé comme contribution étudiante (frais de scolarité et frais afférents) pour une année scolaire. La majorité des étudiants doivent donc travailler pour se procurer leur matériel pédagogique et pour défrayer leurs coûts de vie. Le problème est le nombre d'heures de travail : tous les acteurs du milieu de l'éducation postsecondaire s'entendent pour dire que la réussite scolaire est compromise au-delà de 20 heures de travail par semaine. À titre d'exemple, cette réalité éprouvée a justifié le choix du gouvernement fédéral de limiter à 20 heures par semaine le nombre d'heures de travail permis aux étudiants internationaux détenant un permis de travail hors campus. Cela étant dit, beaucoup d'étudiants doivent travailler plus que cela pour compenser le fait qu'ils ne reçoivent pas de contribution parentale malgré son inclusion dans le calcul de l'aide financière aux études.
En ce qui a trait aux cycles supérieurs, le prêt maximal est supérieur qu'au premier cycle principalement parce que les étudiants sont considérés comme indépendants financièrement à l'obtention de 90 crédits; l'AFE ne considère plus le revenu des parents dans le calcul de l'aide octroyée, il n'y a donc plus de contribution parentale. L'aide versée aux étudiants des cycles supérieurs permet aisément de couvrir la contribution étudiante au financement des études. Cependant, les bourses de l'AFE sont plus rares et les étudiants des cycles supérieurs vivent la même problématique qu'au premier cycle. Qui plus est, les étudiants des cycles supérieurs consacrent davantage de temps à leurs études et disposent donc de moins pour travailler.
Malgré cela, le revenu moyen des étudiants a diminué de 6 % depuis 1994, s'établissant depuis 2003 sous le seuil de la pauvreté... à quelque 11 500 $ pour les hommes et 10 800 $ pour les femmes (MEQ, 2003 et FEUQ, 2006). L'augmentation des heures de travail et « l'aide financière » semblent ne pas suffire à combler les besoins élémentaires des étudiants.
Outre ces insuffisances, le régime d'AFE a plusieurs autres déficiences. D'abord, la contribution parentale dans son ensemble relève plus de la fiction que de la réalité. Pour représenter la réalité que vit la forte majorité des étudiants québécois, la contribution parentale devrait être considérée seulement lorsque le revenu annuel des parents dépasse 45 000 $ et être déductible d'impôts; elle ne devrait pas être considérée du tout pour les étudiants qui ne résident plus chez leurs parents. Aussi, la contribution de tout type de conjoint devrait être abolie, car la réalité chez les jeunes couples qui fréquentent l'université est que l'un n'a pas les moyens de contribuer pour l'éducation de l'autre, et vice-versa. L'AFE devrait également cesser de percevoir la pension alimentaire comme un revenu du parent dans son calcul de revenu. Quant aux frais afférents, ils ne sont comptabilisés nulle part dans l'AFE : c'est comme s'ils n'existaient pas pour le gouvernement ! Finalement, le régime devrait prévoir une méthode d'ajustement annuel des paramètres d'aide financière pour éviter que le scénario actuel ne se répète : la ministre Courchesne réalise des gains politiques sur le dos d'une indexation sporadique, non rétroactive et non récurrente.
Pis encore, le régime est déjà sous-financé de 71 millions $ par année, car les sommes n'ont pas été indexées au coût de la vie depuis 2001. La ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport Michelle Courchesne l'a reconnu en commission sur l'Éducation de l'Assemblée nationale. Elle affirmait cependant que le gouvernement, malgré la hausse des frais de scolarité, n'a pas les moyens d'indexer les sommes allouées aux dépenses admises.
Conjuguées, toutes ces réalités convergent vers un fait plus que déplorable : les étudiants n'ont tout simplement pas la capacité de payer davantage, ni les moyens de s'endetter plus.
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1968 : La Commission Parent est chargée de faire enquête sur l'enseignement au Québec. Le rapport en découlant mènera à la création des cégeps et au gel des frais de scolarité. Cette mesure mise en place dans une perspective de gratuité scolaire visait à démocratiser l'enseignement, et à permettre à tous d'accéder aux études supérieures. Les frais de scolarité moyens étaient alors de 546,40 $ par année.
1990 : Premier dégel des frais de scolarité depuis les années 60. Jusqu'en 1994, les frais de scolarité annuels augmentent de 1 125 $.
1994 : Les fédérations étudiantes se battent pour un retour du gel des frais de scolarité, ce qu'ils obtiennent alors. Toutefois, jusqu'en 2006, les frais exigés aux étudiants continuent de grimper par le biais des frais institutionnels obligatoires (FIO). Ces frais sont variables selon les établissements, et augmentent année après année le montant de la facture étudiante. Entre 1993 et 2006, l'augmentation est, en moyenne, de 419 $.
2007 : Le gouvernement Charest annonce son premier dégel des frais de scolarité, une augmentation à terme de 500 $ des frais de scolarité annuels. Ce dégel prenant fin à l'hiver 2012, la facture étudiante annuelle atteindra les 2 168 $ cette année. Toutefois, ce montant n'inclut pas les FIO exigés par chacune des universités, qui totalisent dans certains cas près de 1000 $ supplémentaires !
17 mars 2011 : Le gouvernement Charest annonce un nouveau dégel des frais de scolarité, en vigueur dès l'automne 2012. La facture des étudiants universitaires grimpera chaque année de 325 $, jusqu'en 2017, pour atteindre une augmentation totale de 1 625 $. Cette hausse portera la facture étudiante annuelle à 3 793 $. En moins de dix ans, les frais de scolarité universitaires auront plus que doublé ! Pourtant, cette augmentation du financement des universités ne s'est pas traduite en une amélioration de la qualité de l'enseignement ou des ressources offertes aux étudiants. N'oublions pas les nombreuses menaces de coupures dans les Services aux étudiants ! De plus, l'aide financière aux études n'a jamais été bonifiée en conséquence, tout comme le salaire des diplômés n'a pas fait l'objet d'une hausse pouvant pallier l'augmentation de leur dette étudiante.
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